The Balkans Borders Trainmovie, "live cinema and Europe together", 24th july to 5th august 2018, 3000 kms, plane, buses and train, 12 days, 9 films, 3 countries (Serbia, Bosnia, Croatia), 5 cities (Belgrad, Surdulica, Sarajevo, Capljina, Dubrovnik), 15 european people (France, Roumania, Hungary, GB) and habitants of Surdulica, Sarajevo and Capljina... Another manner to discover and meet people.

Following the way :

Act 1 : Surdulica - Music (3 days)

Act 2 : Sarajevo - Myth (3 days)

Act 3 : Capljina - Border (3 days)

All the short films will be show on the blog between october and december in the framework of a serial (the name is not already known), in Cinémas du Palais on the big screen in november for the European films championship Un Notre monde - Borders with the support of Conseil Départemental du Val de Marne.

If you want to join us for the next trainmovie between Thessalonic and Sofia, send us a message...

Thanks a lot to the magic Borders crew 2018: Stefan, Franck, Astrid, Chichi, Wilton, Ferdinand, Robin, Ivan, Mathilde, Emeline, Maja, Martha, Kris and Titouan.

C’est un vol entre deux mondes…vers un autre côté (ou un regard sur un voyage pas comme les autres)

C’est un vol entre deux mondes,
d’une rive où tout se veut parfait,
et rien ne doit plus dépasser,
où l’avant est à effacer,

vers un autre côté
où les avants se mélangent sans arrêt
quitte à jouer avec nous
nous dépayser sur tout,
des temps sans arrivées fixées,
des courses à vivre pour ne plus être attaché.

Les villes aux façades marquées
sont autant de souffles d’histoires échevelées
qui traversent la mienne
et ravivent mes veines.
Belgrade est une ville qui murmure
et transpire d’humeurs aux folles allures
son élégance balance dans un style cent contours
le beau et le pas beau en font ses atours
l’architecture n’a pas de structure
orient,
occident,
royauté et communisme,
juste à nous dire,
vis-moi, arrête de me lire,
ici, ce n’est pas la prose qui ose
juste, l’humain qui cause et cause…

Et puis, une station de bus qui fourmille,
qui d’apparence grouille,
dans tous les sens,
mais quelle cette organisation qui danse,
chacun est à sa place
ni plus, ni moins,
chacun dans son coin
pour une circulation sans foin
quels sont donc tous ces petits métiers,
un responsable du tourniquet,
un responsable des bagages,
et je monte dans le bus pour Nis,
une nouvelle niche,
à mes rêves de voyage.

Dans ce bus,
la Serbie s’arrime
visages aux fortes mines
qui m’en racontent un peu plus
sur ici,
pas de longs discours
les mots d’ailleurs m’entourent
même le MOMA s’immisce
j’en cyrillique
et les stations de bus sont de belles reliques
des bâteaux fantômes sortis de nulle part,
carrées et rondes,
métalliques et en béton,
mon bus d’origine israélienne
fait son chemin de croix parmi ces rotondes,
l’arrivée dans la ville de Great Constantin
me rapproche de Surdulica
son doux et plus de mais Lissa
j’en bois une première rakia à la tienne.

Attente et des grands lutins Rom
viennent en convoi
pour nous emmener au cello,
village de montagne à la frontière Bulgare,
Sofia à 100 kilomètres,
appel de phares
et les orages sortent leurs étendards
la nature tonne
bel après-midi d’un faune.

Et puis un moment de grâce
une rencontre qui ne s’oublie
sous un ciel en colère
un village qui rougit
des familles de musiciens fous
qui d’un rien font un tout
Gypsy village, les frontières s’envoient en l’air
les lampions, dans nos coeurs
les carillons, sur nos heures
tout près des notes
loin des mauvais votes
le temps des gitans
Sasha et sa famille fanfare
simplement nous rappelle
que nous sommes tous des enfants
émerveillement en phare
la rue en pente nous donne des ailes
décor très Kusturica
c’est à Zagudane
à deux pas de Surdulica
les cuivres retiennent la nuée
et puis une dernière montée
silence,
et l’orage balance,
la « kicha » (la pluie) se verse
le vous et nous
devient nous
dans une petite maison
une jolie chanson
une nouvelle famille se délivre
femmes, hommes, enfants se livrent
dans une maison bombardée
par un temps très ciné
les regards se croisent
une langue commune,
la bienveillance pavoise.

C’est un vol entre deux mondes,
d’une rive où tout se dit sans retenue,
et rien ne doit plus nous échapper,
où tout se calcule en continu,

vers un autre côté
où les superstitions nous racontent encore
quelle somme nous sommes encore
à quelle nature se lier
où l’ardoise se règle sans honte et
je t’attends là-haut
à Sarajevo

les fantômes y sont nombreux
de Franz Ferdinand
à ses maudits amants
qui au milieu d’un pont ont pris feu
et l’Europe a dit
c’est ici
et pourtant
à bout portant
je te dis
que mes rêves sont ici si nombreux
belle de jour
belle de nuit
tu minaret
tu m’orthodoxes
tu me sacré coeur
les étoiles sont à portée
et nul doute que l’heure-hop
à l’Europe
sans botoxe
c’est un nouveau tic tac,
Vrata, Vrata,
et plus "d’ici bas"
des portes vers de nouveaux soleils
les peurs ont maintenant le trac.
 
C’est un vol entre deux mondes
d’une rive où les cadavres ne sont plus exquis
et rien ne doit plus rentrer par ici,
où tout doit se voir en une seule couleur,

vers un autre côté
où les étrangers sont invités à boire des cafés
les verres trinquent avec des alcools sans étiquette
les frontières ici, encore, n’aiment pas les barbelés

viens, suis moi,
à Capljina
au bout du monde,
où la lune n’est plus blonde,
carrément rouge canyon,
sur la route d’un nouveau western,
là, une nouvelle frontière,
Bosnie et Croatie à la fois
ça chauffe ici,
45 degrés et des orages à la folie
les habitants y sont maintenant rares
c’est un entre deux où être là est un hasard
j’en perds mon latin
et n’y vois plus les matins
à 9 heures
c’est déjà 15 heures
et les naufragés Borders
ouvre la porte à un cadavre exquis
ou comment la philosophie
tourne en un film où Nietzche se métamorphose
en Jason Bourne.

Et pour finir,
une ville canonique,
Dubrovnik au bord de l’Adriatique
et le dernier plan du film
un clin d’oeil à mémoire dans la peau
Mojito, mojito,
notre course contre la montre se termine
par un bain de minuit au seuil
d’une fin
sans fin
et que de belles mines
à 4 heures du matin
oublient cet easyjet prévu pour la fin…